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La pire journée de l’année

Il y a quelques jours encore, dans le monde entier ­– ou presque –, c’était liesse, joie, allégresse. C’était la fête, c’était Noël. Que célébrait-on exactement ? Je ne saurais le dire avec exactitude. Ici chez nous, tandis que les uns voient en la Noël la fête des enfants, d’autres lui donnent une connotation religieuse (le 25 décembre représenterait la naissance de Jésus Christ). Quelle que soit la raison de la célébration, il reste vrai qu’en principe, c’est une journée de réjouissances. En principe. Car en pratique, la journée du 25 décembre, censée être une journée heureuse, peut s’avérer être la pire de l’année pour certains, pour beaucoup. Lire la suite de « La pire journée de l’année »

Jeune malienne

La petite Fadimatou

J’ai rencontré Fadimatou il y a quelques années ; j’étais alors un jeune enseignant fraîchement affecté au lycée bilingue de Maroua. Cette année-là, j’avais parmi les classes que j’enseignais une sixième spéciale. Pour ceux qui sont étrangers à cette appellation, les classes spéciales sont des classes réservées aux élèves les plus brillants. On y accède à l’issue d’un concours organisé au sein de l’établissement, parmi les élèves de la classe de sixième. Lire la suite de « La petite Fadimatou »

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« Cher collègue, bienvenue en enfer » (Quatrième partie)

Le trajet Mengong – Melane est beaucoup plus long que ce à quoi je m’étais préparé. Ça fait plus de 45 minute qu’on est partis de Mengong, et on n’est pas encore arrivés. Après avoir subi la pluie, après avoir plus d’une fois failli glisser, mais surtout après avoir traversé plusieurs villages, on semble près du but. Le moto-taximan vient de me dire en désignant des élèves qui rentraient des classes : « Voila les élèves de ton lycée. » Lire la suite de « « Cher collègue, bienvenue en enfer » (Quatrième partie) »

New Era Publishers, l’histoire d’un rêve

Mercredi dernier s’est tenu à l’Institut Français du Cameroun (IFC) à Yaoundé la conférence pour le lancement d’une nouvelle maison de publication dédiée à la BD (bande dessinée), New Era Publishers. Lorsque j’ai été convié à cette cérémonie, j’avoue avoir été un peu surpris, ne sachant pas trop ce que j’allais y faire exactement. C’est vrai, quoi : je ne suis pas journaliste, juste blogueur – un blogueur sceptique, de surcroît. Et puis, je me suis dit que j’allais assister à l’évènement, puis en parler si j’y trouvais un quelconque intérêt. Lire la suite de « New Era Publishers, l’histoire d’un rêve »

Le centre-ville de Mengong

« Cher collègue, bienvenue en enfer » (Troisième partie)

Il est 14 heures 30 environ, quand je quitte Mengong pour Melane à bord d’une moto, et en compagnie du chauffeur et d’un autre passager. D’après ma Big ressé qui vit à Mengong, on y sera au plus tard à 15 heures (elle m’a dit que le trajet se faisait en 25 minutes). Moi, je suis sceptique. Vous le seriez également, si vous étiez à ma place. Car si on doit payer 2.000 francs pour 25 ou 30 minutes de route alors qu’on paye la même somme pour 2 heures 30 (Yaoundé – Ébolowa), il y a lieu de se poser des questions. Bon, qui vivra verra. Lire la suite de « « Cher collègue, bienvenue en enfer » (Troisième partie) »

Revolution au Burkina Faso - Photo chipée su facebook

J’accuse le peuple camerounais !

Les 30 et 31 octobre derniers, le peuple burkinabé, comme un seul homme, se soulevait contre une dictature qui durait depuis « seulement » 27 ans. Au Cameroun, on a parlé, polémiqué, menacé le régime en place. Des gens cachés derrière leurs ordinateurs en Europe et en Amérique ont organisé des manifestations et des marches de protestation auxquelles ils n’allaient jamais pointer le bout de leur nez. « Le 06 novembre » disaient-ils, « nous allons manifester à la poste pour dénoncer le régime de Paul Biya ! Sa dictature a assez duré. »

Vous voulez manifester contre la dictature de Paul Biya ? Laissez-moi rire. Si cette « dictature » a pu fêter son 32ème anniversaire ce 06 novembre, c’est bien notre faute à tous. Oui, le peuple camerounais est coupable. J’accuse le peuple camerounais ! Lire la suite de « J’accuse le peuple camerounais ! »

« Cher collègue, bienvenue en enfer » (Première partie)

Quand mon nom est apparu sur la liste des enseignants mutés pour le compte de l’année scolaire 2014 – 2015, j’étais ivre de joie. Oui, car quand on a sa famille à plus de 1000 km de soi, c’est clair qu’on n’est pas à l’aise. Bref, passons. Sur la liste donc, mon nom apparaissait deux fois, et j’étais muté dans deux régions différentes. Puisque dans ma demande de mutation j’avais sollicité la région du centre, j’ai naturellement ignoré la note qui m’envoyait dans la région du Sud. J’ai donc fait un voyage pour mon lieu d’affectation au Centre, le lycée bilingue de Nguila. Expérience bouleversante (racontée ici). Par la suite, ayant appris que j’avais également été envoyé dans un lycée dans la région du Sud, j’ai jugé bon d’y aller, pour pouvoir effectuer un choix par la suite. Voici le récit de mon périple dans le Sud-Cameroun. Lire la suite de « « Cher collègue, bienvenue en enfer » (Première partie) »

Crédit photo: africapresse.com

Ces Zones d’Éducation Prioritaire (ZEP) où l’éducation n’est pas une priorité

La dernière fois quand je suis allé à Nguila (en réalité je me suis arrêté à Ntui), j’ai eu à m’entretenir avec un enseignant à la Délégation Départementale des Enseignements Secondaires (DDES) du Mbam et Kim, qui me conseillait de rester dans ce département – rappelez-vous, j’ai eu deux mutations dans deux régions différentes – parce que c’était une Zone d’Éducation Prioritaire (ZEP). Plus tard, j’ai été un peu intrigué par les fameuses ZEP. Vu l’enclavement du Mbam et Kim et les conditions de vie qu’on m’a décrites difficiles, j’ai décidé d’examiner ce concept de près. Lire la suite de « Ces Zones d’Éducation Prioritaire (ZEP) où l’éducation n’est pas une priorité »

Crédit photo: prc.cm

Ne dites plus jamais que le Cameroun est un pays bilingue !

On a l’habitude de dire chez nous, pour se vanter, que nous sommes dans un pays bilingue. Quand on se compare avec les autre pays de la région ou bien du continent, et on les regarde de haut en disant, « Nous, on est bilingues, pas eux. » On s’estime privilégié d’appartenir à la fois à la Francophonie et au Commonwealth. Mais on oublie de dire que ce bilinguisme qui nous sert de tremplin pour s’élever au dessus des autres est en réalité fictif. Lire la suite de « Ne dites plus jamais que le Cameroun est un pays bilingue ! »

Les enseignants en fête - Crédit photo: zenu.org

Journée mondiale des enseignants 2014 : on tourne en rond

Dimanche dernier, 05 octobre 2014, était une journée de réjouissances pour les Camerounais – enseignants ou non. Il y a un fait que j’ai du mal à comprendre au Cameroun : pour nous, « journée mondiale » est synonyme de fête. Et comme on peut s’y attendre, on a défilé, mangé, bu, dansé… Bref, on a fêté. On a fêté, allant jusqu’à mettre de côté le thème censé piloter la célébration.

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Jeunes élèves - Crédit photo: jeunesespoir2000.blogspot.com

05 octobre, journée mondiale des discours stériles (5)

En 2012, la communauté éducative camerounaise a brillé par son incapacité à agir pour les enseignants, pour les apprenants, pour l’éducation. Pourtant, ce ne sont pas les actions à mener qui manquaient. On a pourtant organisé des tables-rondes autour desquelles on a tourné en rond, sans prendre aucune décision concrète. Peut-être est-ce la raison pour laquelle en 2013, la balle a été envoyée dans le camp des enseignants ? Car en 2013, le thème de la journée mondiale de l’enseignant interpellait les enseignants en premier lieu. Lire la suite de « 05 octobre, journée mondiale des discours stériles (5) »

Des élèves en classe - Crédit photo: dw.de

05 octobre, journée mondiale des discours stériles (4)

En 2011, la célébration de la journée mondiale de l’enseignant n’a eu aucune retombée positive, aucun effet bénéfique ni pour la société, ni pour la communauté éducative, ni pour les filles et les femmes qui étaient directement interpellées. En 2012, pourrait-on espérer mieux ? Les enseignants et toute la communauté éducative vont-ils enfin se secouer les puces ? Voyons voir. Lire la suite de « 05 octobre, journée mondiale des discours stériles (4) »

Enseignant et élèves - Crédit photo : rfi.fr

05 octobre, journée mondiale des discours stériles (2)

En 2009, le thème de la journée mondiale de l’enseignant était « Pour bâtir l’avenir, investissons dans les enseignant(e)s maintenant. » Une tentative d’analyse nous a conduits à constater que rien de concret allant dans le sens de l’amélioration des conditions de travail de ces derniers n’a été fait jusqu’ici. Des investissements, s’il y en a eu, n’ont certainement pas été au profit des enseignants qui continuent de travailler dans des classes surpeuplées tout en manquant cruellement d’outils pédagogiques. Une année est passée, on a tout oublié. Nous sommes donc en 2010.

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Défilé des enseignants - Crédit photo: stooffyenafrique.blogspot.com

05 octobre, journée mondiale des discours stériles (1)

Quelqu’un m’a dit une fois, « Quand on accorde une journée à un groupe de personnes, ça signifie que ces gens-là ont des problèmes ». J’ai ri. Mais il n’avait pas tort. En y réfléchissant bien, on se rend compte que ce n’est pas faux. Tenez, les femmes ont des problèmes, elles ont le 08 mars – on en parlera très bientôt dans ce blog ; les enfants africains ont des problèmes, ils ont leur journée internationale le 16 juin ; les personnes âgées ont des problèmes, elles ont leur journée internationale le 1er octobre ; étant donné que les enseignant ont une journée à eux consacrée (le 05 octobre), il semble évident qu’eux aussi, on leurs problèmes.

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