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Des écoles pour combattre Boko Haram #StopBokoHaram

Le Nigéria, l’un des poids lourds du continent, combat depuis des années les terroristes de la secte Boko Haram. Même si aujourd’hui l’engouement de l’armée nigériane a disparu et qu’ils ont désormais plus tendance à opérer des replis stratégiques qu’à faire face à l’ennemi, il reste vrai qu’à l’entame des hostilités, ces derniers se battaient avec hargne. Cependant, ils n’ont pas pu éliminer la menace.

Aujourd’hui que la secte a grandi, elle s’attaque déjà à d’autres pays. Le Cameroun, la deuxième victime, se défend bien pour le moment (comme le Nigéria, au début) et inflige de lourdes pertes aux assaillants. Pourtant, les attaques des islamistes n’ont pas cessé. C’est à se demander si les méthodes utilisées par ces différents États sont efficaces. La riposte armée suffira-t-elle pour vaincre les terroristes ?

Des adolescents en première ligne

Si enfants et adolescents sont les principales victimes de Boko Haram dans sa croisade contre l’éducation occidentale, ce sont également eux, ces enfants et ces adolescents, qui en sont l’arme la plus redoutable. Il n’y a qu’à voir les corps des malheureux qui périssent sous les balles de l’armée ; il n’y a qu’à regarder ceux qui sont faits prisonniers. Dans la majorité des cas, ce sont encore de jeunes enfants. Il n’y a pas longtemps, on citait un élève du secondaire parmi les membres de Boko Haram arrêtés à Mora. C’est tout dire.

Un jeune garçon, soupçonné d'être un indic de Boko Haram au Nigéria - Crédit photo: i24news.tv
Un jeune garçon, soupçonné d’être un indic de Boko Haram au Nigéria – Crédit photo: i24news.tv

Lors des affrontements et pour les missions-suicides, ce sont des jeunes enfants qui font les frais. Si, malgré les combattants abattus par centaines à chaque attaque, les assaillants reviennent toujours aussi nombreux, c’est simplement parce que Boko Haram possède une main d’œuvre inépuisable : les jeunes africains, les jeunes Camerounais, les jeunes Nigérians. Que ce soit l’endoctrination, la menace ou bien le lavage de cerveau, la méthode que les terroristes utilisent pour faire de ces enfants des guerriers farouches – mais sans expérience, Dieu merci – semble efficace.

L’armée en première ligne

La menace Boko Haram, vu le danger qu’elle représente pour chaque État attaqué, doit être combattue avec tous les moyens dont on dispose, d’où l’envoi rapide des forces armées pour contrer l’envahisseur. Mais deux constats évidents sont à faire :

– Ce sont nos enfants, frères, amis qu’on tue tous les jours au front.

– Malgré les pertes qu’ils subissent, les assaillants n’en démordent pas et reviennent toujours à la charge plus nombreux qu’avant – de vrais cancers !

Ceci semble indiquer que la solution militaire est moins efficace qu’on l’aurait voulu. À moins qu’elle ne soit secondée par d’autres mesures d’accompagnement.

L’éducation et l’emploi en deuxième ligne

La question qu’on doit se poser, c’est « Pourquoi Boko Haram parvient-il toujours à recruter parmi les jeunes ? » La réponse évidente est que ce sont des adolescents ignorants ou alors des jeunes désœuvrés. Les jeunes qui se laissent berner par les islamistes, je le dis et le répète, sont des ignorants. Ce sont des jeunes sans éducation ou bien à l’éducation mal faite, des jeunes à qui on n’a pas eu l’occasion d’enseigner la liberté d’opinion, de religion. Ce sont des jeunes qui ne savent pas ce que signifie le respect de l’autre, de la vie humaine. Ces enfants qu’on embarque dans le fanatisme religieux, j’en suis certain, sont des enfants qui n’ont jamais lu et compris un livre – même pas le Coran. Ils n’ont pas l’ouverture d’esprit nécessaire pour apprécier les autres cultures.

Ou alors, ce sont des jeunes qui n’ont pas d’emploi, pas de revenu, et partagent leur quotidien avec la misère et le dénuement. Un auteur l’a dit fort à propos, « le travail éloigne de nous trois grands maux… » Si ces jeunes avaient une occupation, ils éviteraient bien des pièges.

L’école, l’arme la plus efficace

Si nos gouvernements veulent couper la tête à Boko Haram, il faut simplement les empêcher de se réapprovisionner en combattants, car jamais Abubakar Shekau n’ira se jeter sur les balles des forces armées de défense. Non ! Trop intelligent, il préfèrera se rendre ou alors s’enfuir. La seule force de cet individu, ce sont nos frères qui acceptent d’aller se tuer pour lui.

Il devient donc impératif que les états songent à construire plus d’écoles dans les zones frontalières. Mais ce n’est pas tout. Il faudra également s’assurer que ces écoles soient fournies en enseignants et en infrastructures (on connait le Cameroun). Une fois que ce sera fait, le deuxième défi à relever sera de créer des emplois pour les jeunes de la région, pour que ces derniers ne soient pas appâtés par les promesses des terroristes.

Le duo gagnant

Combiner l’éducation à la riposte armée est à mon sens le moyen le plus efficace d’exterminer la menace terroriste chez nous. Si l’armée est capable de couper l’arbre au niveau du tronc, les écoles et l’emploi viendront déraciner la souche pour que plus jamais, plus jamais en Afrique, de tels groupes ne puissent voir le jour et s’étendre.

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Le logo de la campagne #StopBokoHaram  - Crédit photo: Collectif des Blogueurs Camerounais
Le logo de la campagne #StopBokoHaram – Crédit photo: Collectif des Blogueurs Camerounais

Cet article est une contribution au mouvement lancé par le Collectif des Blogueurs Camerounais dans la lutte contre Boko Haram. Dans cette optique, je vous invite à lire d’autres articles sur le même thème :

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3 commentaires sur “Des écoles pour combattre Boko Haram #StopBokoHaram

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