Fondation Belinga : des États-Unis au Cameroun, les défis d’une vision du développement durable

Article : Fondation Belinga : des États-Unis au Cameroun, les défis d’une vision du développement durable
Crédit:
10 août 2021

Fondation Belinga : des États-Unis au Cameroun, les défis d’une vision du développement durable

Le village Doungou est situé dans la région du Sud, à quelques kilomètres de Mengong dans le département de la Mvila. Lors que nous y débarquons ce 3 août 2021, nous faisons une première escale chez la cheffe du village qui nous reçoit avec beaucoup d’enthousiasme. Quelques minutes plus tard, nous sommes rejoints par M. Eto Emmanuel. Il nous conduira quelques centaines de mètres plus loin dans un espace dégagé au milieu d’une brousse pour visiter une plantation de piment, plantation communautaire créée avec le soutien de la Fondation Belinga.

La Fondation Belinga

C’est en 2008 que deux philanthropes, le Prof. Steve-Félix Belinga, agrégé en neurologie exerçant aux États-Unis et sa femme Mireille Gracia Belinga, journaliste de formation, artiste peintre et bijoutière, ont l’idée de créer la Belinga Foundation avec un objectif est clair : œuvrer pour l’élévation de chacun au niveau social, intellectuel et économique.

Le Prof. Steve-Félix Belinga et Mme Mireille Gracia Belinga

Pour y parvenir, la fondation bâtit son action en s’appuyant sur 5 piliers à savoir : l’art, la culture, la santé (health), l’éducation et le développement durable (sustainable development). Ce sont ces 5 axes qui définissent assez bien la vision de la fondation que le Prof Belinga a résumée en une phrase lors du lancement officiel de la fondation le 4 août 2021 à la mairie de Mengong : « Nous voulons investir dans la vieillesse d’aujourd’hui, parce qu’elle enseignera la jeunesse, et nous voulons investir dans la jeunesse parce qu’elle sera la vieillesse de demain ».

Développement durable

Comme nous l’a expliqué M. Eto qui supervise le projet, le champ de piment a été créé avec un appui de la fondation à Doungou, mais le champ est entièrement géré par les populations du village. « C’est un projet pilote. La fondation a pour but promouvoir la culture à travers des projets dans tous les villages de l’arrondissement de Mengong », explique-t-il.

Le champ de piment créé avec l’appui de la Fondation Belinga au village Doungou (En t-shirt rouge, M. Eto Emmanuel)

L’ambition du couple Belinga, c’est donc d’autonomiser les populations de la région en leur donnant les moyens de se prendre en charge au travers de projets que la fondation appuiera. Le champ de piment du village Doungou, par exemple sera géré par un Groupe d’Initiative Commune (GIC) qui est actuellement en cours de création, nous a expliqué M. Eto qui n’a pas manqué, toutefois, de déplorer la faible implication des jeunes du village dans le projet. « On avait prévu d’occuper plus d’espace avec nos plants de piment, mais à cause du manque de main d’œuvre, on a été obligés de s’arrêter à ce niveau », ajoute-t-il en montrant la limite du champ. « Mais tout l’espace que vous voyez là est réservé pour ce projet ».

Afan e ne akum

Nous quittons Doungou non sans avoir goûté à l’hospitalité de la cheffe du petit village. Direction Endam I, un autre village de l’arrondissement situé non loin de Doungou. Là-bas, nous allons visiter une autre matérialisation de la vision de la fondation en ce qui concerne le développement durable. Il s’agit d’une porcherie école. Le principe de la fondation est simple : permettre aux jeunes qui sont encore sur les bancs de commencer à se frotter à certaines réalités. Cela leur permettra à la fin de leur cursus, d’avoir déjà des compétences qui leur permettront d’exercer des activités génératrices de revenu.

La porcherie est constituée de près d’une centaine de bêtes qui font autant la fierté du prof. Belinga que de M. Talom qui est en charge de la supervision du projet. « Nous avons commencé avec 5 porcs », précise Steve-Felix Belinga. « Aujourd’hui ils sont plus d’une centaine, malgré ceux que nous avons vendus il y a deux jours. » En plus de la porcherie école déjà implémentée, la fondation dispose également d’une plantation école achevée.

Porcherie située dans le village Endam 1

Décidée à rester fidèle au slogan directeur de son action pour le développement durable afan ene akum – la forêt est une richesse –, la fondation Belinga a lancé un projet de lodges écotouristiques actuellement en cours de finition, et qui est construit avec du matériau local. D’ailleurs, la fondation compte également privilégier la main d’œuvre locale. « Je voudrais même éventuellement qu’il y ait un menuisier local », commente le Prof. Belinga. « Nous avons des cousins qui font actuellement en formation à Don Bosco à Ebolowa, et on voudrait qu’ils viennent travailler sur les autres constructions ».

Contribution

Lorsque la question lui est posée le Prof Steve-Félix Belinga n’hésite pas à s’étendre sur la contribution de la fondation dont les actions permettent d’endiguer certains fléaux tels que l’exode rural, surtout que la zone de Mengong, pire encore les villages environnants, sont plutôt enclavés et il est plutôt fréquent que les jeunes de ces contrées partent chercher un meilleur avenir ailleurs. Il faut le rappeler, la fondation œuvre au Cameroun depuis deux ans déjà et a apporté son soutien à différentes structures hospitalières et éducatives comme l’école publique d’Endam 1 dont le directeur, tout en remerciant la Fondation, annonçait un pourcentage de réussite de 100% aux derniers examens officiels.

Partagez

Commentaires