Vendeuse de bananes - Crédit photo: 27avril.com

Du travail pour Éloise

Jeudi dernier – le 30 avril et la veille de la fête du travail –, en allant chercher mon fils à l’école, j’ai revu Éloïse. Éloïse, c’est une vieille amie. On s’est connu à l’époque où j’étais au lycée et depuis près de 10 ans, on s’était perdus de vue. Ça n’a vraiment fait plaisir de la revoir après toutes ces années sans nouvelles d’elle. « J’ai finalement pu avoir mon BAC », me dit-elle fièrement. « Mais depuis là, je cherche le travail, je ne trouve pas », continua-t-elle avec découragement. Lire la suite de « Du travail pour Éloise »

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La paille que la religion voit dans l’œil des traditions africaines… – #TBC

La dernière fois que je suis allé à l’Église, c’était il y a très très longtemps. Depuis j’ai arrêté, peu convaincu par ce que j’y voyais ou entendais. Mais, quand j’entends les fervents chrétiens me dire avec tout le sérieux dont ils sont capables que les traditions africaines sont des pratiques diaboliques, j’ai bien envie de leur rire au nez. Je le fais très souvent, d’ailleurs. Oui, car en réalité, quand j’essaie de faire la comparaison, je me demande bien où est la différence entre les traditions africaines et les pratiques chrétiennes spécifiquement. Lire la suite de « La paille que la religion voit dans l’œil des traditions africaines… – #TBC »

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Atelier de blogging de Bamenda: typologie des participants

L’atelier organisé par l’AFCIG à Bamenda (Cameroun) sur le thème « Blogging for good governance » s’est achevé le 28 février dernier. Après deux jours de formation intense avec des experts dans le domaine, on a pu se rendre compte que les blogueurs et potentiels blogueurs invités à la formation étaient diversifiés – c’est le moins qu’on puisse dire. Voici donc les différentes catégories de blogueurs qui ont assisté à la formation à Bamenda. Lire la suite de « Atelier de blogging de Bamenda: typologie des participants »

Effort de guerre et gueule de bois

Le Cameroun est en guerre depuis plusieurs mois, et la guerre, ça coûte cher. Alors, il me paraît tout à fait normal que les citoyens contribuent à l’effort de guerre pour soutenir leur armée qui se bat au front. C’est dans cette optique que depuis hier, 16 février 2015, le gouvernement camerounais a procédé à une augmentation du droit d’accises sur les boissons alcoolisées*. Désormais, le prix des bières sera majoré de 100 francs pour les bouteilles de 65cl et de 50 pour celles de 33cl. Lire la suite de « Effort de guerre et gueule de bois »

Donc les Camerounais aussi sont Charlie ?

Ma mère nous racontait autrefois que sa grand-mère, après la mort de son mari, avait pris l’habitude pour le moins étonnante de s’arrêter systématiquement à chaque deuil qu’elle rencontrait et d’y aller pleurer le mort, qu’elle le connaisse ou pas. J’imagine la surprise des familles endeuillées en voyant débarquer une inconnue qui pleure leur mort plus fort qu’elles-mêmes. Nous en avions ri, à l’époque. Aujourd’hui, ça me fait moins rire, surtout quand je vois mes compatriotes se comporter comme mon arrière-grand-mère – ils font même pire qu’elle – avec la mort des journalistes de Charlie Hebdo. Lire la suite de « Donc les Camerounais aussi sont Charlie ? »

Quand les malheurs des uns font la joie des autres

On dit dans la bible que Cham, fils de Noé, fut maudit par ce dernier après qu’il ait vu la nudité de son géniteur qui était ivre. Toujours d’après la bible, Cham, dont la malédiction a été en réalité proférée contre son fils Canaan, est l’ancêtre des peuples noirs d’Afrique (Genèse 9, 22-27). Cette malédiction est-elle la cause des malheurs de l’Afrique noire ? Je n’en suis pas certain. Mais ce dont je suis à peu près sûr, c’est que nos malheurs viennent aussi et surtout du manque de solidarité flagrant, de l’inimitié sans fondement et d’une stupide rivalité sans enjeu qui existe entre certains peuples d’Afrique. Lire la suite de « Quand les malheurs des uns font la joie des autres »

Crédit photo: cameroun24.net

Les Experts: Yaoundé

Tout à l’heure, la nation camerounaise toute entière était, une fois de plus, en train d’écouter le discours traditionnel de notre bon roi, Sa Majesté Paul Biya, président à vie du Cameroun – OK, j’exagère : la plupart des Camerounais ne se donnent même plus la peine de l’écouter. Comme je disais, on a écouté le monarque dire son discours, mais sans se faire trop d’illusions. Et il ne nous a pas déçus : une rétrospective plate des actions (toutes positives, d’après lui) menées au cours de l’année, des déclarations évasives et superficielles sur ce qu’il y a encore à faire, aucune projection sérieuse, aucun projet concret, rien pour la jeunesse, rien pour l’économie, rien pour le peuple, rien pour le Cameroun… Lire la suite de « Les Experts: Yaoundé »

Crédit photo: tribeleadr.com

La pire journée de l’année

Il y a quelques jours encore, dans le monde entier ­– ou presque –, c’était liesse, joie, allégresse. C’était la fête, c’était Noël. Que célébrait-on exactement ? Je ne saurais le dire avec exactitude. Ici chez nous, tandis que les uns voient en la Noël la fête des enfants, d’autres lui donnent une connotation religieuse (le 25 décembre représenterait la naissance de Jésus Christ). Quelle que soit la raison de la célébration, il reste vrai qu’en principe, c’est une journée de réjouissances. En principe. Car en pratique, la journée du 25 décembre, censée être une journée heureuse, peut s’avérer être la pire de l’année pour certains, pour beaucoup. Lire la suite de « La pire journée de l’année »

Assemblée nationale du Cameroun - Crédit photo: africapresse.com

Cameroun : bientôt 20 millions de terroristes ?

Cela fait déjà plusieurs années que le Cameroun subit des attaques attribuées à la secte dite islamique Boko Haram. Je me souviens qu’au tout début de ces attaques, certains observateurs qui se voulaient avisés ont laissé entendre que ces attaques n’étaient pas le fait de Boko Haram, mais qu’il s’agissait plutôt de certains compatriotes qui essayaient de profiter du cafouillage pour tirer les marrons du feu – chez nous, on dit « profiter de la pluie pour chier dans le torrent ».

Après la riposte acharnée de l’armée camerounaise, et la capture de certains assaillants, il devenait évident que le Cameroun devait se doter d’une loi permettant de réprimer efficacement les actes de terrorisme, qu’ils soient perpétrés par des ennemis extérieurs ou bien ourdis par des Camerounais. On l’a notre loi, depuis jeudi dernier. Mais depuis que cette loi a été adoptée, et même avant, elle a suscité moult débats et échanges houleux entre camerounais autant sur les réseaux sociaux que sur les plateaux de débats radio et télévisés. Lire la suite de « Cameroun : bientôt 20 millions de terroristes ? »

La paix du Cameroun, c’est dans la tête

Une fois, quand j’étais encore à  Maroua, un pote et moi avions « soif de la bière », comme on dit ici – il faut toujours préciser l’objet de la soif, pour éviter les confusions. Mais nous, on voulait la bière qui transpire – entendez « glacée ». Malheureusement, ce soir là, l’ancêtre d’Enéo (AES Sonel) avait fait ce qu’il savait faire de mieux. Conséquence, pas de lumière à Maroua. Après avoir flâné dans la ville, nous sommes tombés sur un bar qui avait un groupe électrogène. Nous espérions vraiment y trouver de la bonne bière bien fraîche. Cependant, là-bas non plus, la bière n’était pas fraîche. Résolu à ne pas rentrer la gorge sèche, mon pote prit une bière, pour voir si c’était quand même buvable. Il la vida d’un trait et dit : « La bière-ci est fraîche, dis donc. C’est dans la tête. » Lire la suite de « La paix du Cameroun, c’est dans la tête »

Jeune malienne

La petite Fadimatou

J’ai rencontré Fadimatou il y a quelques années ; j’étais alors un jeune enseignant fraîchement affecté au lycée bilingue de Maroua. Cette année-là, j’avais parmi les classes que j’enseignais une sixième spéciale. Pour ceux qui sont étrangers à cette appellation, les classes spéciales sont des classes réservées aux élèves les plus brillants. On y accède à l’issue d’un concours organisé au sein de l’établissement, parmi les élèves de la classe de sixième. Lire la suite de « La petite Fadimatou »

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« Cher collègue, bienvenue en enfer » (Quatrième partie)

Le trajet Mengong – Melane est beaucoup plus long que ce à quoi je m’étais préparé. Ça fait plus de 45 minute qu’on est partis de Mengong, et on n’est pas encore arrivés. Après avoir subi la pluie, après avoir plus d’une fois failli glisser, mais surtout après avoir traversé plusieurs villages, on semble près du but. Le moto-taximan vient de me dire en désignant des élèves qui rentraient des classes : « Voila les élèves de ton lycée. » Lire la suite de « « Cher collègue, bienvenue en enfer » (Quatrième partie) »

Le centre-ville de Mengong

« Cher collègue, bienvenue en enfer » (Troisième partie)

Il est 14 heures 30 environ, quand je quitte Mengong pour Melane à bord d’une moto, et en compagnie du chauffeur et d’un autre passager. D’après ma Big ressé qui vit à Mengong, on y sera au plus tard à 15 heures (elle m’a dit que le trajet se faisait en 25 minutes). Moi, je suis sceptique. Vous le seriez également, si vous étiez à ma place. Car si on doit payer 2.000 francs pour 25 ou 30 minutes de route alors qu’on paye la même somme pour 2 heures 30 (Yaoundé – Ébolowa), il y a lieu de se poser des questions. Bon, qui vivra verra. Lire la suite de « « Cher collègue, bienvenue en enfer » (Troisième partie) »

Crédit photo: Katrin Gänsler

Homosexualité en Afrique : la pilule difficile à avaler

Dans plusieurs pays d’Afrique, s’il est une question qui divise, c’est bien celle de la légalisation de l’homosexualité. Si les avis des uns et des autres divergent sur la question, il n’en demeure pas moins vrai qu’une bonne partie de la population jeune se pose encore beaucoup de questions sur l’attitude à adopter face à ce phénomène (Lisez les articles des blogueurs Gilbert Lowossou et Judith Gnamey sur le sujet). Selon les standards européens, condamner ou réprimer l’homosexualité constitue une atteinte aux droits de l’homme et à la liberté des individus. Mais nous, en Afrique, devons-nous adopter ces standards ? Au vu du contexte Camerounais (et par extension africain), peut-on traiter l’homosexualité de la même façon qu’en Europe et en Amérique ? Lire la suite de « Homosexualité en Afrique : la pilule difficile à avaler »