Arrivée des leaders anglophones à Bamenda

Crise anglophone au Cameroun : le gouvernement a-t-il vraiment cédé ?

Le 30 août dernier, le président de la République a ordonné l’abandon des charges contre « certains leaders » du mouvement de contestation qui secoue les régions anglophones du Cameroun depuis bientôt un an. Comme on pouvait s’y attendre, les réseaux sociaux étaient en ébullition, les uns faisant des publications pour applaudir la décision du président, tandis que d’autres criaient victoire, ou se moquaient de l’État qui, d’après eux, admettait ouvertement son impuissance face aux leaders anglophones. Personnellement, quand j’ai lu le communiqué de la présidence, je n’ai pas eu l’impression qu’il s’agissait d’un aveu de faiblesse. Et les événements qui se passent depuis quelques jours me confortent dans ma position. Lire la suite de « Crise anglophone au Cameroun : le gouvernement a-t-il vraiment cédé ? »

C'est timple: allons voter - Crédit photo: lexpress.fr

“To vote or not to vote ?” Là n’est pas (encore) la question

2018 est une année électorale au Cameroun, et même si la seule information qu’on a sur le scrutin c’est qu’il est « lointain mais certain », force est de constater que nombre de compatriotes ne semblent pas intéressés par cette échéance qui pourtant aura des conséquences sur la vie du pays pendant au moins sept années. La raison ? Les dés seraient pipés, les résultats connus d’avance, donc à quoi bon ? Lire la suite de « “To vote or not to vote ?” Là n’est pas (encore) la question »

Si j’étais leader de l’opposition au Cameroun…

 

L’opposition camerounaise est actuellement dans une position assez délicate. Pendant quelques temps, elle a été sous le feu des projecteurs, notamment avec la coalition qui s’est formée dernièrement pour protester contre une éventuelle modification de la constitution devant conduire à l’organisation d’élections anticipées. Si les dernières actions de l’opposition méritent d’être saluées, il reste vrai que celle-ci pèche encore dans plusieurs domaines. Moi, si j’étais leader de l’opposition au Cameroun, voici ce que je ferais.

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Crédit photo: cameroun24.net

Après Biya, ce sera Biya (si on n’y prend garde)

Cela fait plusieurs mois déjà qu’au Cameroun des voix s’élèvent, exigeant le départ de Paul Biya, président à vie du Cameroun. C’est d’ailleurs le cas un peu partout en Afrique. Que ce soit au Togo, en RDC ou au Burundi le peuple semble fatigué de la misère dans laquelle il vit. C’est pour cela que, ici et là, on recherche meilleur moyen – les urnes pour les uns, la rue pour les autres – pour chasser ces tyrans de la tête de l’État. Pourtant, je pense que, quelque soit la méthode utilisée, si on ne fait pas attention, ce sera Paul Biya qui succèdera à Paul Biya. Lire la suite de « Après Biya, ce sera Biya (si on n’y prend garde) »

A qui s'adressait réellement Hollande?

Laissons-les se représenter !

Ils sont nombreux en Afrique, ces chefs d’État qui croient qu’ils sont nés avec le fauteuil présidentiel collé au cul. Que ce soit au Cameroun, au Togo, au Bénin ou au Burundi, ces hommes que le peuple rejette font semblant d’être sourds et aveugles aux souffrances de tous ces gens qui crient leur ras-le-bol dans les rues. Mais malgré les protestations, ces hommes, censés représenter le peuple, s’accrochent de toutes leurs forces au pouvoir. L’exemple du Burundi le démontre assez : ils ne partiront jamais. Jamais ! C’est à nous, c’est au peuple de les bouter hors de « leurs » palais. Mais pour cela, nous devons utiliser la bonne méthode. Lire la suite de « Laissons-les se représenter ! »

Être un bon leader politique au Cameroun

Existe-t-il dans le monde des écoles spécialisées dans la formation des leaders politiques ? Je me suis toujours posé cette question, sans vraiment trouver de réponse – je n’ai pas beaucoup cherché non plus, j’avoue. Cependant après avoir observé quelques politiciens de mon pays, j’en suis arrivé à la conclusion que point n’était besoin d’aller dans une école de leadership pour devenir un bon leader politique. Il suffit simplement d’observer comment ça marche au Cameroun, et d’en prendre de la graine. Je les ai observés, et voici les notes que j’ai prises. Lire la suite de « Être un bon leader politique au Cameroun »

Crédit photo: rfi.fr

Appel à l’opposition camerounaise : devenez des CM* !

Au Cameroun, on a pendant longtemps estimé que notre opposition, si elle n’était pas inexistante, était moribonde, corrompue et affamée. Les leaders de l’opposition se sont toujours défendus, justifiant leur difficulté à se faire connaître par le fait que le parti au pouvoir s’est accaparé des caisses de l’État et des chaînes de radio et de télévision, ce qui ne leur facilite pas la tâche. Tout ceci est vrai, bien que cela ne justifie pas l’inertie de certaines formations politiques qui n’émergent que pour « battre campagne », et retournent en hibernation juste après la proclamation des résultats.

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Crédit photo: cameroun24.net

Les Experts: Yaoundé

Tout à l’heure, la nation camerounaise toute entière était, une fois de plus, en train d’écouter le discours traditionnel de notre bon roi, Sa Majesté Paul Biya, président à vie du Cameroun – OK, j’exagère : la plupart des Camerounais ne se donnent même plus la peine de l’écouter. Comme je disais, on a écouté le monarque dire son discours, mais sans se faire trop d’illusions. Et il ne nous a pas déçus : une rétrospective plate des actions (toutes positives, d’après lui) menées au cours de l’année, des déclarations évasives et superficielles sur ce qu’il y a encore à faire, aucune projection sérieuse, aucun projet concret, rien pour la jeunesse, rien pour l’économie, rien pour le peuple, rien pour le Cameroun… Lire la suite de « Les Experts: Yaoundé »

Assemblée nationale du Cameroun - Crédit photo: africapresse.com

Cameroun : bientôt 20 millions de terroristes ?

Cela fait déjà plusieurs années que le Cameroun subit des attaques attribuées à la secte dite islamique Boko Haram. Je me souviens qu’au tout début de ces attaques, certains observateurs qui se voulaient avisés ont laissé entendre que ces attaques n’étaient pas le fait de Boko Haram, mais qu’il s’agissait plutôt de certains compatriotes qui essayaient de profiter du cafouillage pour tirer les marrons du feu – chez nous, on dit « profiter de la pluie pour chier dans le torrent ».

Après la riposte acharnée de l’armée camerounaise, et la capture de certains assaillants, il devenait évident que le Cameroun devait se doter d’une loi permettant de réprimer efficacement les actes de terrorisme, qu’ils soient perpétrés par des ennemis extérieurs ou bien ourdis par des Camerounais. On l’a notre loi, depuis jeudi dernier. Mais depuis que cette loi a été adoptée, et même avant, elle a suscité moult débats et échanges houleux entre camerounais autant sur les réseaux sociaux que sur les plateaux de débats radio et télévisés. Lire la suite de « Cameroun : bientôt 20 millions de terroristes ? »

La paix du Cameroun, c’est dans la tête

Une fois, quand j’étais encore à  Maroua, un pote et moi avions « soif de la bière », comme on dit ici – il faut toujours préciser l’objet de la soif, pour éviter les confusions. Mais nous, on voulait la bière qui transpire – entendez « glacée ». Malheureusement, ce soir là, l’ancêtre d’Enéo (AES Sonel) avait fait ce qu’il savait faire de mieux. Conséquence, pas de lumière à Maroua. Après avoir flâné dans la ville, nous sommes tombés sur un bar qui avait un groupe électrogène. Nous espérions vraiment y trouver de la bonne bière bien fraîche. Cependant, là-bas non plus, la bière n’était pas fraîche. Résolu à ne pas rentrer la gorge sèche, mon pote prit une bière, pour voir si c’était quand même buvable. Il la vida d’un trait et dit : « La bière-ci est fraîche, dis donc. C’est dans la tête. » Lire la suite de « La paix du Cameroun, c’est dans la tête »

Francois Hollande

Lettre à Monsieur François Hollande

Cher monsieur Hollande,

Je prends aujourd’hui la peine de vous adresser cette lettre, suite à votre intervention lors de la cérémonie de lancement du sommet de la Francophonie qui s’est tenue à Dakar au Sénégal il y a quelques jours.

En effet, dans votre discours, vous avez jugé bon de rappeler aux chefs d’État des pays membres de la Francophonie qui seraient tentés de se maintenir au pouvoir en violant la constitution, et en faisant fi de la volonté du peuple, que vous apporterez tout votre soutien à la société civile et à l’opposition pour les déloger du pouvoir. Lire la suite de « Lettre à Monsieur François Hollande »

Kah Wallah, Maurice Kamto

Appel à l’opposition camerounaise : il sera bientôt trop tard !

Ces derniers temps au Cameroun, on entend de plus en plus d’appels à la violence, au soulèvement. Sortie de nulle part, une nouvelle « race » d’opposants a pris en otage les réseaux sociaux et y injectent le venin de la désobéissance civile et de la révolte. Armée de claviers et de souris, cette e-opposition basée en Europe et aux USA, espère faire du Cameroun une réplique du Burkina Faso. Oublie-t-elle que les Camerounais ne sont pas des hommes intègres, mais plutôt des lions ? Ont-ils pensé aux conséquences qu’une révolution pourrait avoir sur la population camerounaise ? Ont-ils oublié février 2008 ? Mais non, déconnectés des réalités socioculturelles que nous vivons ici, ces derniers ne pensent qu’à remplacer Paul Biya sur le trône. Lire la suite de « Appel à l’opposition camerounaise : il sera bientôt trop tard ! »