Crédit photo: tribeleadr.com

La pire journée de l’année

Il y a quelques jours encore, dans le monde entier ­– ou presque –, c’était liesse, joie, allégresse. C’était la fête, c’était Noël. Que célébrait-on exactement ? Je ne saurais le dire avec exactitude. Ici chez nous, tandis que les uns voient en la Noël la fête des enfants, d’autres lui donnent une connotation religieuse (le 25 décembre représenterait la naissance de Jésus Christ). Quelle que soit la raison de la célébration, il reste vrai qu’en principe, c’est une journée de réjouissances. En principe. Car en pratique, la journée du 25 décembre, censée être une journée heureuse, peut s’avérer être la pire de l’année pour certains, pour beaucoup. Lire la suite de « La pire journée de l’année »

Jeune malienne

La petite Fadimatou

J’ai rencontré Fadimatou il y a quelques années ; j’étais alors un jeune enseignant fraîchement affecté au lycée bilingue de Maroua. Cette année-là, j’avais parmi les classes que j’enseignais une sixième spéciale. Pour ceux qui sont étrangers à cette appellation, les classes spéciales sont des classes réservées aux élèves les plus brillants. On y accède à l’issue d’un concours organisé au sein de l’établissement, parmi les élèves de la classe de sixième. Lire la suite de « La petite Fadimatou »

New Era Publishers, l’histoire d’un rêve

Mercredi dernier s’est tenu à l’Institut Français du Cameroun (IFC) à Yaoundé la conférence pour le lancement d’une nouvelle maison de publication dédiée à la BD (bande dessinée), New Era Publishers. Lorsque j’ai été convié à cette cérémonie, j’avoue avoir été un peu surpris, ne sachant pas trop ce que j’allais y faire exactement. C’est vrai, quoi : je ne suis pas journaliste, juste blogueur – un blogueur sceptique, de surcroît. Et puis, je me suis dit que j’allais assister à l’évènement, puis en parler si j’y trouvais un quelconque intérêt. Lire la suite de « New Era Publishers, l’histoire d’un rêve »

Crédit photo: Katrin Gänsler

Homosexualité en Afrique : la pilule difficile à avaler

Dans plusieurs pays d’Afrique, s’il est une question qui divise, c’est bien celle de la légalisation de l’homosexualité. Si les avis des uns et des autres divergent sur la question, il n’en demeure pas moins vrai qu’une bonne partie de la population jeune se pose encore beaucoup de questions sur l’attitude à adopter face à ce phénomène (Lisez les articles des blogueurs Gilbert Lowossou et Judith Gnamey sur le sujet). Selon les standards européens, condamner ou réprimer l’homosexualité constitue une atteinte aux droits de l’homme et à la liberté des individus. Mais nous, en Afrique, devons-nous adopter ces standards ? Au vu du contexte Camerounais (et par extension africain), peut-on traiter l’homosexualité de la même façon qu’en Europe et en Amérique ? Lire la suite de « Homosexualité en Afrique : la pilule difficile à avaler »

Femmes africaines - Crédit photo: willfonkam.wordpress.com

La femme est un loup pour la femme

Dans presque toutes cultures au monde, les femmes sont à plaindre. Marginalisées, maltraitées, violentées, elles sont la plupart du temps victimes des lois autant que de la tradition. Si ces dernières ont pour principaux bourreaux les hommes, il n’en demeure pas moins vrai que dans la certains des cas, les femmes elles-mêmes sont les premières à s’attaquer à leurs congénères. Lire la suite de « La femme est un loup pour la femme »

Les camerounais, spécialistes des dessous de ceinture

Le Cameroun est un pays formidable. Ici chez nous, tout ou presque tourne autour du bas-ventre. Ici, on est tellement oisifs – faute de travail – que notre esprit est en permanence focalisé sur « ça ». Il y a quelques années, on a beaucoup critiqué la chanson « Le ventre et le bas-ventre » de Lady Ponce, arguant qu’elle « chante la sauvagerie ». Et pourtant, il fallait voir les gens danser dans les bars ! Il fallait voir les vendeurs de CD piratés compter leur recette après une journée de vente ! On aura beau le nier, chez nous au Cameroun, on aime les histoires de bas-ventre. Lire la suite de « Les camerounais, spécialistes des dessous de ceinture »

Michèle Obama et le #BringBackOurGirls - Crédit photo: mashable.com

À l’aide ! J’ai besoin d’un #hashtag !

Grâce à internet, le monde est devenu un village planétaire. On peut facilement, de son canapé, découvrir d’autres horizons, d’autres cultures, d’autres personnes, sans avoir besoin de bouger, sans avoir besoin de débourser un seul Kopeck. Désormais, il n’existe plus de frontières ni de douaniers. On partage tout, on se fait des amis aux quatre coins du monde, on bavarde avec eux comme s’ils étaient assis avec nous, dans le canapé. Mais en même temps, on se sent concerné par les difficultés que les autres vivent. Et, dans un élan de générosité, on peut même les aider. Mais comment ? Lire la suite de « À l’aide ! J’ai besoin d’un #hashtag ! »

Mariés devant le l'aise © Thierry Seguin (fr.thierryseguin.com)

Chères Camerounaises, le mariage n’est pas une prise en charge…

Les camerounaises sont bizarres hein. Certaines, en tout cas. Après que leurs familles en aient fait voir de toutes les couleurs à leurs prétendants, elles prennent le relais, une fois dans leurs ménages. Il faut les entendre bavasser entre-elles au quartier : « Moi hein, quand je vais me marier hein, que mon mari ne pense même pas qu’il va gérer mon argent. D’ailleurs, qu’il ne croie pas que parce que je travaille il ne va plus me donner l’argent de poche ! » C’est quand elles se marient, qu’on se rend compte que ce n’était pas des paroles en l’air !

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Retour aux sources - Crédit photo: www.survivalfrance.org

« Retourner aux sources », qu’est-ce que ça veut dire?

Au Cameroun, comme dans plusieurs autres pays africains, la tendance est au blanchiment de la peau, à l’utilisation de mèches, greffes et autres rajouts. Mais de plus en plus, on entend s’élever des voix appelant au retour aux sources, à l’abandon des cultures importées. Face aux différentes mises en applications de ce mot d’ordre, on a envie de se demander, « retourner aux sources, c’est faire quoi, exactement? » Lire la suite de « « Retourner aux sources », qu’est-ce que ça veut dire? »

Noire ou blanche? - Crédit photo: blingcool.blogspot.com

Au Cameroun, on est blanc ou on est noir

Si vous venez au Cameroun, ne soyez pas étonnés d’entendre dire à quelqu’un : « Tu vis comme un Blanc, hein. Tu manges trois fois par jour ! » pour dire que la personne a une vie de rêve – ici, c’est parfois un repas par jour dans certaines familles. Ou alors « Toi, tu es un vrai Blanc. Tu ne discutes pas toi les prix des articles avant de les acheter, hein. » Je précise en passant qu’il ne s’agit pas de la couleur, mais bien de la race blanche. Pour certains d’entre nous, le blanc c’est la perfection, l’exemple à suivre, la destination à atteindre. Lire la suite de « Au Cameroun, on est blanc ou on est noir »

Mariage traditionnel - Crédit photo : kongossa.mondoblog.org

Le mariage traditionnel au Cameroun, un véritable parcours du combattant

Quand une amie m’a appelé pour m’annoncer qu’elle se mariait ce weekend, je n’ai pu m’empêcher de lui adresser mes félicitations. Mais surtout, j’ai félicité son mari – que je ne connais pas encore. Au Cameroun, pour se marier, il faut être courageux, car ici chez nous, c’est un vrai challenge, que d’épouser une demoiselle. Lire la suite de « Le mariage traditionnel au Cameroun, un véritable parcours du combattant »

Ma salle de classe, comme si vous y étiez

Bienvenue au cours d’anglais dispensé aux élèves francophones

Un enseignant en classe - Crédit photo: www.rfi.fr
Un enseignant en classe – Crédit photo: www.rfi.fr

Le métier d’enseignant est parmi les plus critiqués au Cameroun, et c’est certainement le plus dénigré aussi. Un ami m’a un jour dit, « Vous vous plaignez même pourquoi, vous les enseignants ? Votre travail là est très facile. Il suffit seulement d’aller en classe et de bavarder pendant une ou deux heures avec les élèves. C’est difficile ? Et en plus, vous avez trois mois de vacances chaque année. Votre salaire là est même trop élevé, hein. On vous paye pour rien. » Je me suis abstenu d’argumenter, regrettant de ne pouvoir l’emmener dans l’une de mes classes pendant quelques heures, pour qu’il goûte un peu à la facilité qu’il venait de décrire.

Aujourd’hui, c’est décidé : je vous emmène avec moi en classe, pour que vous puissiez découvrir mon univers, et faire l’expérience de l’enseignement. Lire la suite de « Ma salle de classe, comme si vous y étiez »

Soyons réalistes, la colonisation n’a jamais pris fin

Au service du colon, même 50 ans après son départ - Crédit photo: www.cobelco.info
Au service du colon, même 50 ans après son départ – Crédit photo: www.cobelco.info

Chaque fois que j’entends un de mes compatriotes dire haut et fort « La France essaie de recoloniser l’Afrique. Elle crée des conflits, pour ensuite revenir installer son armée et piller nos ressources », je souris. Ironiquement. Oui, je me moque, parce que quand je les entends dire “recoloniser”, ça implique qu’il y a eu une première colonisation, et qu’elle s’est achevée. C’est ce qui me fait sourire en me disant intérieurement que ce compatriote, s’il observait bien autour de lui, comprendrait que la colonisation commencée au XIXème siècle ne s’est jamais achevée. Voici quelques éléments pour étayer mon opinion. Lire la suite de « Soyons réalistes, la colonisation n’a jamais pris fin »

Au Cameroun, on fabrique des expatriés

Crédit photo: Fotso Fonkam
Crédit photo: Fotso Fonkam

Aliénation linguistique et culturelle : un frein pour le développement socioculturel

Dimanche dernier, la faim m’a fait sortir de mon terrier. Sous peine de crever d’inanition, je me suis retrouvé obligé de faire le marché pour acheter quelque chose à préparer. Après quelques tours dans les boutiques des gros Alhadji, je m’arrête devant une vieille grand-mère qui séchait patiemment derrière quelques tomates toutes rabougries, étalées à même le sol. « C’est combien la tomate, dada ? » J’ai à peine fini de parler que la mémé dégaine et m’envoie une rafale de paroles en fufuldé – « Ekié, la mère-ci. On t’a envoyée ? » Normalement, je ne pige pas rien à son baragouin. Finalement, je lui donne mon argent et repars avec ce qu’elle a jugé bon de me donner comme tomate. Je n’avais pas trop le choix, hein. C’était ça ou dormir l’estomac dans les talons. Lire la suite de « Au Cameroun, on fabrique des expatriés »

Bienvenue au Cameroun, pays «multi-bilingue»

Le bilinguisme "linguistique" - Crédit photo: ici.radio-canada.ca
Le bilinguisme « linguistique » – Crédit photo: ici.radio-canada.ca

Le Cameroun est l’un des rares pays au monde à être bilingue – en termes de français et d’anglais. Mais, contrairement aux deux autres pays avec qui nous partageons cette particularité, il faut dire que le Cameroun se démarque par la singularité et la pluralité des types de bilinguisme qu’on y rencontre. Lire la suite de « Bienvenue au Cameroun, pays «multi-bilingue» »