Drapeau du Cameroun fédéral - Crédit photo: drapeau-monde.com

Ce n’est pas le fédéralisme qui (me) pose problème

Depuis le début de la crise anglophone au Cameroun, on entend de plus en plus des voix s’élever pour dire que les francophones ont peur du fédéralisme. Raison pour laquelle ils se désolidarisent des revendications des activistes anglophones. Je suis incapable de dire si c’est le cas ou pas, mais sur la question, je peux tout au moins donner mon avis personnel qui n’entre pas en droite ligne de ce qui est dit. En ce qui me concerne, le fédéralisme n’est pas du tout un problème (bien que ce ne soit pas non plus une solution miracle). Mon problème est ailleurs… Lire la suite de « Ce n’est pas le fédéralisme qui (me) pose problème »

Ce que ça coûte d’être enseignant au Cameroun

Au Cameroun, on a tendance à considérer les fonctionnaires comme des privilégiés (ce qui n’est pas entièrement faux). On envie la stabilité de leur emploi, la régularité de leur paye et beaucoup d’autres avantages réels ou imaginaires. Parmi ces privilégiés figurent en bonne place les enseignants qui, selon plusieurs, sont grassement payés pour fournir un minimum d’efforts (ils auraient quelques jours de travail seulement par semaine, et trois mois de vacances payées). Ce que beaucoup d’entre nous ignorent, c’est que le métier d’enseignant au Cameroun est un vrai chemin de croix, et qu’il faut s’armer de courage et de patience pour pouvoir tenir la distance. Lire la suite de « Ce que ça coûte d’être enseignant au Cameroun »

Les journées internationales, les défilés, le folklore et tout le blabla…

Mercredi dernier, on célébrait la journée internationale DES DROITS des femmes – qui a été rapidement transformée en « Journée de la femme », puis en « Fête de la femme » au Cameroun. Et contrairement aux années antérieures, je me suis abstenu d’écrire sur cette célébration, ou même de la commenter sur les réseaux sociaux. En réalité ça fait quelques années déjà que préfère garder le silence lors de certaines célébrations décrétées par les Organisations internationales. C’est en partie à cause de la façon dont nous, Camerounais, percevons ces journées, mais ce n’est pas la seule raison de ma révolte silencieuse mon indifférence. Lire la suite de « Les journées internationales, les défilés, le folklore et tout le blabla… »

Wagon surchargé-Photo : Internet

Avons-nous compris la leçon ?

La semaine dernière, le Cameroun a été frappé par un drame qui a fait, selon les chiffres officiels (donc contestables), 78 morts et 597 blessés. Suite à cet accident, et tandis que certains essayaient maladroitement de se dédouaner dans les médias nationaux et internationaux, on a vu des Camerounais se soutenir. On a vu l’entraide, la solidarité envers les rescapés de cette tragédie. Pourtant, malgré toutes ces actions, cette solidarité, je me demande si nous, Camerounais, avons compris la leçon. Lire la suite de « Avons-nous compris la leçon ? »

Eleves en classe - Crédit photo: http://ccreadcameroon.org

Les incohérences du ministre Ngalle Bibehe

Quelques mois seulement après sa nomination à la tête du ministère des enseignements secondaires Jean Ernest Ngalle Bibehe Massena fait déjà parler de lui dans les médias Camerounais. En effet, le nouveau ministre a récemment posé des actes qui montrent qu’il est déterminé à assainir le milieu éducatif camerounais que son prédécesseur avait fortement contribué à pourrir. Pourtant, je pense qu’il est nécessaire de s’arrêter un moment pour questionner la logique de certaines actions que le nouveau ministre pose. Lire la suite de « Les incohérences du ministre Ngalle Bibehe »

Quarante-quatre ans à fêter ce qui n’existe pas…

Hier au Cameroun, on célébrait l’unité nationale. Comme chaque année, on a vu les citoyens défiler, comme chaque année depuis 44 ans, on a fait défiler les enfants en chantant des chansons qui n’ont parfois rien à voir avec l’unité. Mais au-delà du défilé et des autres cérémonies qui entourent la célébration de cet événement, je pense qu’il faudrait s’arrêter une seconde pour s’interroger sur l’unité qu’on dit célébrer au Cameroun chaque 20 mai. Lire la suite de « Quarante-quatre ans à fêter ce qui n’existe pas… »

Crédit photo: lemonde.fr

Pleurer ne suffit pas!

J’ai voulu commencer ce billet par une formule de politesse (à la façon de mes frères togolais) de peur que mes émotions, si elles prennent le dessus, ne me fassent apparaître à vos yeux comme un individu dépourvu d’éducation. J’ai essayé, mais je n’ai pas pu retrouver ces formules toutes faites pourtant enfouies dans mon cerveau. J’imagine que les tueries qui ont eu lieu à Garissa au Kenya il y a quelques jours n’ont pas laissé assez d’espace à quoi que ce soit d’autre. Je crois que ces 147 nouvelles victimes, dont le massacre fait suite à d’autres tueries qui, il y a de cela quelques mois, avaient déjà ébranlé l’Afrique, ont eu de quoi occuper mon esprit. Au diable la politesse, allons à l’essentiel ! Lire la suite de « Pleurer ne suffit pas! »

Les z’héros ne sont pas ceux qu’on croit

Chez nous au Cameroun, on a coutume de dire que « chacun ne gratte que l’endroit qui le démange ». Ces derniers jours, j’en ai eu la preuve par 100 (millions). Au moins… Depuis que les obsèques de la regrettée Françoise Foning ont été décrétées officielles par très grand Roi Magellan, souverain de la république du Sommeillistan, j’avoue que je n’ai pas arrêté de me poser des tas de questions. Il semble en effet évident que chez nous, par un décret on peut faire de vous un héros ou bien un maquisard apprenti-sorcier. Mais le plus grave, c’est la façon scandaleuse dont ces z’héros sont célébrés. Lire la suite de « Les z’héros ne sont pas ceux qu’on croit »

Les femmes pour qui le 8 mars a été créé - Photo chipée sur facebook

Non mesdames, ce n’est pas une fête !

Alors qu’on avance dangereusement – je dis bien dangereusement – vers la date du 8 mars, je me demande ce que les femmes vont encore nous sortir cette année. Oui, car je dois vous dire qu’elles nous ont déjà tout montré, celles-là. Tenez, mardi dernier une femme qui essayait de voler un kaba du 8 mars a échappé de justesse à la justice populaire au marché Acacia à Yaoundé (c’est sa victime qui l’a sauvée en la cachant dans sa boutique). Jusqu’aujourd’hui, beaucoup de femmes perçoivent encore la célébration de la journée internationale de la femme comme l’occasion de fêter, de se laisser aller à certains débordements qu’elles reprochent aux hommes la plupart du temps. Lire la suite de « Non mesdames, ce n’est pas une fête ! »

Logo AFCIG - Photo chipée sur facebook

Atelier de blogging de Bamenda: typologie des participants

L’atelier organisé par l’AFCIG à Bamenda (Cameroun) sur le thème « Blogging for good governance » s’est achevé le 28 février dernier. Après deux jours de formation intense avec des experts dans le domaine, on a pu se rendre compte que les blogueurs et potentiels blogueurs invités à la formation étaient diversifiés – c’est le moins qu’on puisse dire. Voici donc les différentes catégories de blogueurs qui ont assisté à la formation à Bamenda. Lire la suite de « Atelier de blogging de Bamenda: typologie des participants »

Effort de guerre et gueule de bois

Le Cameroun est en guerre depuis plusieurs mois, et la guerre, ça coûte cher. Alors, il me paraît tout à fait normal que les citoyens contribuent à l’effort de guerre pour soutenir leur armée qui se bat au front. C’est dans cette optique que depuis hier, 16 février 2015, le gouvernement camerounais a procédé à une augmentation du droit d’accises sur les boissons alcoolisées*. Désormais, le prix des bières sera majoré de 100 francs pour les bouteilles de 65cl et de 50 pour celles de 33cl. Lire la suite de « Effort de guerre et gueule de bois »

Handicapé - Crédit photo: senenews.com

Nos universités ne fabriquent pas de «Prince Aimé»

Il y a une dizaine d’années environ, l’artiste musicien camerounais Prince Aimé créa la surprise avec sa chanson intitulée « Viviane ». Ce qui rendait la surprise encore plus agréable, c’est que cet artiste était aveugle. Ça faisait plaisir de voir un handicapé faire autre chose que mendier. En réalité, on a cru pendant longtemps que le dénuement dans lequel vivent certains handicapés était causé par leur manque de volonté de se battre. Et pourtant… Lire la suite de « Nos universités ne fabriquent pas de «Prince Aimé» »

Les casques bleus, la force armée de l'ONU - Crédit photo: un.org

Si l’hypocrisie tuait, l’ONU ne serait plus

Dans une correspondance adressée à l’État camerounais le 31 décembre 2014, le chef du bureau de l’ONU pour l’Afrique centrale adressait ses félicitations à l’armée camerounaise pour sa bravoure dans la bataille qu’elle livre à Boko Haram depuis quelques temps déjà. Ici chez nous, on a bombé les poitrines, trop fiers pour voir que cette correspondance n’avait rien de sincère. Lire la suite de « Si l’hypocrisie tuait, l’ONU ne serait plus »

Idriss Deby Itno - Crédit photo: 45enord.ca

Idriss Deby : sauveur ou visionnaire ?

Il y a deux jours, on apprenait que le président tchadien Idriss Deby Itno allait envoyer un contingent de l’armée tchadienne en renfort à l’armée Camerounaise qui depuis un bon bout de temps, est aux prises avec les membres de la secte islamique Boko haram dans l’extrême-nord du pays. Les Camerounais, champions des polémiques, ont immédiatement déclaré que le Cameroun avait perdu, ou allait perdre la guerre contre les terroristes, et que c’est la raison pour laquelle le président Paul Biya a fait appel à son homologue tchadien. Mais à bien y refléchir, Idriss Déby est-il un sauveur ? Ou alors simplement un visionnaire ? Lire la suite de « Idriss Deby : sauveur ou visionnaire ? »

Donc les Camerounais aussi sont Charlie ?

Ma mère nous racontait autrefois que sa grand-mère, après la mort de son mari, avait pris l’habitude pour le moins étonnante de s’arrêter systématiquement à chaque deuil qu’elle rencontrait et d’y aller pleurer le mort, qu’elle le connaisse ou pas. J’imagine la surprise des familles endeuillées en voyant débarquer une inconnue qui pleure leur mort plus fort qu’elles-mêmes. Nous en avions ri, à l’époque. Aujourd’hui, ça me fait moins rire, surtout quand je vois mes compatriotes se comporter comme mon arrière-grand-mère – ils font même pire qu’elle – avec la mort des journalistes de Charlie Hebdo. Lire la suite de « Donc les Camerounais aussi sont Charlie ? »