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Leurres et lueurs

Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de parler du recueil de poèmes – que j’imagine excellent – de  Birago Diop qui porte ce titre. Je ne pense pas avoir une plume aussi belle que celle d’Anna Keds qui, dans son blog, empeche la bibliotheque africaine de bruler. C’est que, quand j’observe la plupart de mes frères réagir (le mot n’est même pas approprié) face à certains évènements, je ne peux m’empêcher de penser à ce titre – j’espère que je lirai l’œuvre un de ces quatre…

Pour dire vrai, le cas de certains Africains est tout simplement désespérant. Il n’y a pas longtemps, j’ai vu ces derniers applaudir François Hollande (à qui j’ai adressé une gentille lettre) des mains et des pieds, lorsqu’il déclarait qu’il soutiendrait l’opposition si elle décidait de se rebeller contre les dictateurs assoiffés de pouvoir qui pullulent ici chez nous. C’était à Dakar lors du dernier sommet de la Francofoliephonie.

Plus récemment, c’est Obama qu’on portait en triomphe après qu’il ait ouvertement demandé à ces mêmes dictateurs de déguerpir, lors du dernier sommet de l’Union Africaine à Addis Abeba. Ces personnes qui ne savent rien faire d’autre qu’applaudir ce sont-elles demandé ce qu’il est advenu des « ennemis de la démocratie » depuis l’ultimatum de Dakar ? Il semble que non. Car si les beaux discours venus d’ailleurs pouvaient améliorer quoi que ce soit en Afrique, il y a bien longtemps qu’elle serait sortie de sa misère.

Ce que certains d’entre nous n’ont pas encore compris, c’est que jamais discours ne pourra déplacer une pierre. Jamais parole n’a construit un bâtiment, ni créé un emploi, et encore moins détrôné un dictateur agrippé à son fauteuil – que les chrétiens m’excusent un peu.

En réalité, tant que nos dirigeants joueront le jeu de leurs maîtres occidentaux, américains, chinois ou autre, tant qu’ils leur cèderont nos ressources forestières et minières contre une bouchée de pain, tant qu’ils braderont nos entreprises nationales les plus importantes et obéiront au doigt et à l’œil à ces individus que nous nous plaisons à applaudir chaque fois qu’ils prennent la parole, soyons certains que ces derniers continueront de faire des discours pour nous jeter du sable aux yeux.

L’africain, il me semble, n’a pas encore compris que sa libération ne passera que par lui-même. Le messie que nous attendons ne viendra pas : il est déjà là. Chacun de nous est ce sauveur dont le continent a tant besoin pour enfin émerger. Et une chose est sûre, lécher le cul les bottes aux Obama et Cie ne nous aidera pas dans cette voie, car ces derniers n’ont que des discours à nous offrir (en échange de notre sous-sol et de nos forêts). D’ailleurs, peut-on leur on vouloir ? Ils agissent dans l’intérêt de leurs nations, et nous devrions faire pareil.

L’Afrique fera un grand pas le jour où nous cesserons d’attendre que les autres viennent agir à notre place. Ce sera un bon de géant que nous aurons fait, le jour où nous comprendrons enfin qu’en tant qu’Africains, nous avons plus de pouvoir en Afrique que n’auront jamais Obama et ses petits copains. Le salut, ce sera quand nos espoirs seront fondés sur nos propres actes, et non sur les leurres que certains agitent devant nos yeux.

4 commentaires sur “Leurres et lueurs

  1. tu as tellement tout dit, il y a des moments ou j’ai la nette impression que l’Afrique ne sortira jamais de ce cercle vicieux, tellement les gens sont aveuglés, bon on espère que bon nombres d’Africains feront un tour sur ton blog pour lire ce message, ce sera déjà un bon début

  2. Exactement…Le monde actuel est un monde d’intérêts et donc nos dirigeants devraient sauvegarder les nôtres.Malheureusement, certains préfèrent la jouer perso au détriment du peuple.En tout cas, vivons seulement 🙂

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