L'accident de Biyem Assi Superette - Crédit photo: koaci.com

Mais qu’est-ce qui se passe donc dans la tête des ministres camerounais ?

Si la récente sortie suicidaire du Ministre de la Communication en a surpris plus d’un tant par l’imprudence dont il a fait montre que par le nombre de révélations qu’on pouvait en tirer, il n’en demeure pas moins vrai qu’au Cameroun, c’est une habitude chez nos chères Excellences de dire ou de faire n’importe quoi : on tire d’abord, et ensuite on (se) pose des questions. Voici quelques déclarations ou actions d’éclat que ces derniers ont dites ou menées et qui ne rendent service ni à leur image, ni à la population, ni à l’image du pays.

Le ministre des Transports, le prof de « danse bafia* » qui avait raté le train des informations

Suite à l’accident qui a eu lieu le 16 octobre dernier à Yaoundé au quartier Biyem-Assi Superette, Robert Nkili, ministre des transports, n’en aurait été informé que le lendemain (obsèques nationales obligent ?). Comme si ça ne suffisait pas, Monsieur le Mintransports a dernièrement déclaré qu’il n’y avait eu que trois morts dans l’accident, malgré le fait que certains journalistes, présent sur le théâtre du drame, étaient allés jusqu’à citer les noms des victimes !

Sortant de sa léthargie, Monsieur le Mintransports a pris la décision pour le moins étonnante d’interdire la circulation des camions entre 6 heures et 21 heures, oubliant que cette décision paralyserait plusieurs autres secteurs économiques. Désormais, ceux qui ont besoin de sable pour des constructions par exemple, attendront 21 heures pour chercher à se ravitailler. De même, les camions transportant le gaz domestique, du bois, du matériel de construction, bétail, etc. auront un arrêt forcé aux portes de chaque ville. Donc, pour quitter de Maroua à Yaoundé avec des marchandises, un transporteur verra la durée de son voyage doublée, voire triplée, puisqu’il faut s’arrêter à chaque ville !

Circulaire mintransports
Première circulaire du ministre. Bizarrement, elle a été signée le 16 octobre, le jour du drame – Image chipée sur facebook

Heureusement, un éclair de bon sens a illuminé ce ministre qui a annulé la décision qu’il a prise seulement 48 heures plus tôt.

* Au Cameroun, la danse bafia (peuple du centre Cameroun) s’effectue en faisant un pas en avant et deux en arrière. « Faire la danse bafia » signifie donc revenir sur ses décisions.

Le ministre de la promotion de la femme et de la famille, et ses batailles perdues d’avance

Dans une sortie qu’elle a effectuée dernièrement, en compagnie de plusieurs autres ministres, et sous le fallacieux prétexte de « combattre l’indécence vestimentaire chez les jeunes filles », Marie Thérèse Abéna Ondoa et son équipe ont promis une répression sans merci aux tenues sexy : arrestations, amendes, peines de prison, etc.

Si on veut bien croire que cette décision part d’un bon sentiment (soyons indulgents), on se rend compte que c’est purement utopique de vouloir empêcher les jeunes femmes de mettre un certain type de tenues alors que c’est ce qu’on retrouve en majorité chez les commerçants ! Le ministre du commerce qui était présent à la conférence de presse, aurait pu interdire l’importation de ces tenues tout simplement.

Aujourd’hui, des mois après, on n’a plus jamais entendu parler de cette interdiction qui n’a d’ailleurs jamais été prise en compte par les jeunes filles.

Les ministres du Commerce et de la santé, prêts à empoisonner tout le monde

Au sujet de la dangerosité des emballages plastiques utilisés pour conditionner les whiskies en sachet, le Mincommerce et le Minsanté ont trouvé bon de donner deux années supplémentaires aux fabricants et importateurs de ce poison pour, disent-ils, « écouler leurs stocks », sans tenir compte des ennuis de santé que ces liqueurs auront certainement sur le peuple. De peur de me répéter, je vous renvoie à ce billet qui développe plus longuement la question.

Que ce soit par manque de tact ou bien par défaillance de leur entourage, le constat général est que les ministres camerounais se distinguent par des sorties médiatiques discutables. J’ai encore en mémoire la déclaration du Ministre de l’Enseignement Supérieur, le Pr. Jacques Fame Ndongo, qui disait en 2010 être « une créature de Paul Biya »

2 commentaires sur “Mais qu’est-ce qui se passe donc dans la tête des ministres camerounais ?

  1. le petit écolier ci hin? Tu sais, le role de ministre est délicat, on en a pas conscience, mais ils sont souvent tenus de défendre l’indéfendable. ça déjà c’est un exercice et très périlleux… Cependant, on atteint le summum du ridicule quand le ministre béni oui oui de part sa fonction ajoute à son cv un comportement, une allure brouillon #hs #jesuisdépasséparlesévènements et voilà qu’au final on a des « sorties » à la sauce façon rencontre du 3ème type

    1. Lol : « des « sorties » à la sauce façon rencontre du 3ème type ».
      Je crois que tu m’as compris. Le problème n’est pas ce qu’ils défendent, mais plutôt la façon de défendre ce qu’ils défendent. Franchement, j’ai parfois l’impression qu’ils insultent notre intelligence, tellement leurs sorties sont bidon!

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