Logo de Boko Haram - Crédit photo: fr.wikipedia.org

Et si Abubakar Shekau était mort ?

En début de semaine,  on annonçait à qui voulait l’entendre que le chef de la secte islamique Boko Haram, Abubakar Shekau, avait été tué dans une attaque de l’armée nigériane ou camerounaise selon les versions. Certains, d’ailleurs, se sont empressés d’adresser leurs félicitations au président camerounais pour avoir vaincu Boko Haram.

Au-delà de l’improbabilité de la véracité de cette information qui d’ailleurs ne se basait que sur des photos de très mauvaise qualité pouvait-on espérer vaincre le serpent en lui tranchant la tête ?

Une hydre, pas un serpent

Les groupes humains de par le monde, que ce soit une secte, un ministère, une assemblée chrétienne ou bien une entreprise privée, ont une structure hiérarchisée, instaurant un service minimum en cas de coup dur. C’est pour dire que dans l’organisation, s’il y a une seule tête, il y a généralement plusieurs seconds à même de devenir à leur tour des têtes. D’ailleurs, en ce qui concerne Boko Haram, Abubakar Shekau est loin d’en être le fondateur, et encore moins le premier chef. Il n’arrive en réalité à la tête du mouvement en 2009, après la mort de Mohamed Yusuf, fondateur du groupe armé.
C’est pour dire que la mort d’Abubakar Shekau n’est pas la solution au problème Boko Haram, car telle une hydre, une autre tête aurait poussé et le monstre aurait repris vie, instantanément.

Attaquer le mal à la racine

Au lieu de tirer sur les sous-fifres postés en première ligne dans les affrontements qui opposent les adeptes de cette secte aux pays où ils essaient de s’implanter, il serait peut-être plus bénéfique de trouver les origines du mal, afin de mieux l’éradiquer.

Drapeau utilisé par Boko Haram - Crédit photo : fr.wikipedia.org
Drapeau utilisé par Boko Haram – Crédit photo : fr.wikipedia.org

Pour le cas d’espèce, on remarque que la misère et l’ignorance sont les principaux chevaux de bataille des recruteurs à la solde de Boko Haram. A cause de la misère ambiante qui affecte notamment les jeunes, il devient très aisé de leur promettre monts et merveilles pour les enrôler dans de pareils groupes. L’ignorance aidant, ces derniers ne sont parfois pas capables de mesurer l’ampleur de la chose dans laquelle ils se retrouvent embarqués. Il faut un peu de jugeote pour cela.

Stratégie de combat

Pour défaire l’ennemi, la solution est donc toute simple : éduquer les jeunes et leur fournir des opportunités d’emploi. Permettre aux jeunes désœuvrés de se spécialiser dans un domaine et d’apprendre un métier pour leur donner une chance de se battre sans utiliser d’arme. Investir dans les secteurs porteurs, et non dans le superflu, comme ça s’est vu au Nigeria dernièrement.

En suite, quand ce sera fait, quand tous auront un toit sur la tête et de la soupe dans leur assiette, Shekau se retrouvera seul en première ligne. Et là, ce sera la fin de Boko Haram.

6 commentaires sur “Et si Abubakar Shekau était mort ?

  1. Pertinent billet sur un groupe à moralité douteuse. Le vaincre exigera bien plus que des déploiements militaires!
    Bienvenu sur Mondoblog!
    Bcp de courage pour la suite!

    1. Le chemin pour vaincre des personnes sera long et ardu; les gouvernements doivent avoir ça en tête avant de définir leurs stratégies d’attaque, parce qu’en fin de compte, ce sont leurs propres compatriotes qu’ils abattent tous les jours.
      C’est un conflit idéologique, et non militaire.

      Merci beaucoup, pour tes encouragements, je ferai de mon mieux.

  2. On est en droit de penser, comment un individu, qui soi disant a été repéré, continu, d’agir, dans l’indifférence générale. Il devait être déjà mis hors d’état de nuire, vu tous les exactions qu’il commet, et en plus en défiant toutes les autorités, à quoi servent les drones, qui sont sans cesse, exposé comme une arme complémentaire, pour dénicher et surtout repéré les belligérants. Vraiment à quoi sert tous les gens de renseignements mis sur le dossier des cet individu, qui lui aussi, défi toutes les lois de la vie.

    1. Il se dit que ces gens de Boko Haram ont des complicités dans les gouvernements des pays qu’ils attaquent (Cameroun et Nigeria). On est tenté de croire que c’est vrai.
      En même temps, «Abubakar Shekau» serait une sorte de marque de fabrique pour Boko Haram, un sobriquet qui instaure la peur dans le camp adverse. Parce qu’il se dit que le vrai Shekau est mort depuis, mais c’est juste son nom qui continue à être utilisé. Wait and see. Le temps apportera des réponses à nos questions.

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